7ème Congrès Stévia

24/06/2013

Depuis 2011, Monique Berger, enseignante-chercheur de l'Ecole, travaille avec ses équipes à l’adaptation de la stévia aux terres et au climat du Sud-Ouest

Article paru dans La Dépêche le 1er juillet 2013

L’Ecole d’ingénieurs de PURPAN vient d’accueillir le 7ème symposium d’Eustas, l’association européenne de recherches sur la stévia.

Pendant deux jours, les plus grands spécialistes mondiaux de cet édulcorant naturel ont dressé le bilan des connaissances disponibles sur la nouvelle star des magasins de diététique à quelques dizaines de mètres du domaine de Monique Berger et de ses équipes : une serre et un jardin expérimentaux où, depuis 2011, l’enseignante-chercheuse et ses étudiants tentent de percer les secrets de la culture de la stévia.
La plante des Indiens Guarani du Paraguay s’est déjà approprié un tiers du marché des édulcorants vendus dans la grande distribution. Produite à 80 % en Chine, la stévia est autorisée aux États-Unis où elle entre dans la composition de certains sodas de la firme Coca-Cola. Mais en Europe, seuls les glycosides de stéviole (SVG), des extraits dont le pouvoir sucrant est 400 fois supérieur à celui du sucre, peuvent être commercialisés.
Face à la prudence de l’Union Européenne, industrie et agriculture sont dans les starting-blocks. La chambre d’agriculture de l’Hérault tente depuis 2010 d’implanter la stévia à la place des vignes arrachées. A Salvagnac, dans le Tarn, trois agriculteurs tentent d’adapter l’outillage de la culture du tabac à cette nouvelle production afin d’engager une mutation en douceur de leurs exploitations. A Riom, dans le Puy de Dôme, la société Stevia Natura travaille à des méthodes de purification et d’extraction des glycosides. Et à Toulouse, le projet Stevianov rassemble autour de l’arbuste des indiens les laboratoires de génétique et de physiologie, et d’agronomie de l’Ecole d’Ingénieurs de PURPAN et le laboratoire de chimie analytique de l’Ensiacet.
«Pour l’instant, l’extraction des glycosides de stéviole reste le maillon faible de la filière. Nous sommes en attente de méthodes plus performantes et plus économes en eau», explique Monique Berger. Pour le reste, la docteur en génétique et en physiologie végétale peaufine l’adaptation de la stévia, a priori plus à l’aise autour de la Méditerranée que dans les terres du Sud-Ouest. «Pour lancer une production à grande échelle en France tout reste encore à faire. Il n’existe pas encore de descriptif qui permettraient d’inscrire la plante au catalogue des variétés. Et nous ne connaissons rien à sa résistance aux maladies et à sa durée de vie car pour l’instant elle a pratiquement toujours poussé à l’état sauvage.»
Du coup les grandes firmes semencières et multiplicatrices de végétaux observent un attentisme prudent. Ce qui laisse aux deux équipes de Monique Berger le temps indispensable pour mener à bien leur travail de sélection.
La Stévia qui poussera dans quelques années à la place du tabac dans les exploitations du Sud-Ouest, devra à la fois être capable de résister au froid aux maladies et aux assauts du vent. Mais également produire des pieds capables de vivre plusieurs années, et beaucoup de feuilles gorgées de SVG et de surcroît faciles à récolter.
150 variétés répondant à un ou plusieurs de ces critères ont d’ores et déjà été sélectionnées, et 10 000 plants attendent d’être repiqués dans les fermes de Salvagnac. Dans la serre expérimentale de l'Ecole de PURPAN, boutures et semis émergent de milliers de godets. Ils deviendront en une année des petits arbustes haut d’une soixantaine de centimètres à l’instar du tabac qu’ils auront peut-être bientôt vocation a remplacer dans la région.

Une cinquantaine de chercheurs et d’industriels venus de 13 pays différents (Europe, États Unis, Chine, Inde…) ont été accueillis à l’École d’Ingénieurs de PURPAN par les partenaires du projet Stevianov à l’occasion du 7ème symposium international sur la stévia.

Stevianov est un projet régional de recherche et développement de la filière régionale de production de stévia. Il est labellisé par le pôle de compétitivité Agrimip Sud-Ouest Innovation, financé par des fonds nationaux régionaux. Ce projet de recherche se déroule sur 4 ans. L’Ecole d’Ingénieurs de PURPAN est impliquée dans les recherches en agronomie, sur la plateforme agronomique du domaine de Lamothe, et en génétique sur le site de l’École.